Réformes des études médicales : clarifier et coopérer [Infonews Focus – 06/10/22]

Accueillie par le Pr Philippe Ruszniewski, Doyen de l’UFR de Médecine de l’Université Paris-Cité, au cours de l’ouverture des États Généraux de la Formation et la Recherche Médicales*, la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Sylvie Retailleau a présenté les réformes des formations et de la recherche en santé. Elle a rappelé le nécessaire besoin de collaboration et de coordination des différents acteurs pour mener à bien les réformes.

La crise du COVID a bien été « un révélateur » de nos besoins en termes de recherche et de performance. Elle nous a montré la nécessité d’une production nationale et européenne de nos produits de santé. « Pour mieux organiser et répondre aux prochaines crises sanitaires et aux problèmes de santé que va engendrer le dérèglement climatique, il est nécessaire de mieux se coordonner », a souligné la Ministre.

Pour réussir, il doit y avoir une action collective de clarification des rôles de chacun pour une meilleure lisibilité. Dans l’écosystème de la santé, de la formation et de la recherche, les organismes nationaux de recherche doivent jouer un rôle majeur en tant que pilotes des grands programmes nationaux. « Leur articulation et leur implantation territoriale avec les établissements d’enseignement supérieur et de recherche doivent être définis, en complémentarité et non en concurrence », a précisé Mme la Ministre.

Ensemble

Quant aux différents moyens et programmes mis en place, notamment le Plan Innovation santé 2030, annoncé par le Président en juin 2021, qui par ses programmes d’innovations alloue 7 milliards d’euros à la recherche et l’enseignement supérieur, Mme Retailleau a précisé : « Ces projets ambitieux amplifieront ou aideront à la structuration des acteurs de chacune des thématiques concernées ». Pour réussir, il est nécessaire que l’articulation entre les organismes et les établissements d’enseignement supérieur de la recherche soit opérationnelle. Au niveau interministériel, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche travaille avec le ministère de la santé et de la prévention sur les questions des financements, de la recherche, de la rénovation des CHU et sur l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires.

Attractivité

Concernant l’attractivité, la communauté universitaire partage plusieurs constats. La désaffection de certaines carrières hospitalo-universitaires est inquiétante. L’augmentation du nombre de démissions d’universitaires, alors même que le nombre de départs en retraite va croître dans les années à venir, affecte l’organisation des universités et des services. Si des propositions ont été faites pour renforcer l’attractivité et la fidélisation durant le Ségur de la santé, il est nécessaire de travailler à leur déclinaison « avec l’accord de tous » en activant les bons leviers. Pour le Pr. Didier Samuel, Président de la Conférence des doyens des facultés de médecine, « il faut donner du temps à la recherche et gérer les différentes phases des carrières du soin, de l’enseignement, de la recherche et du management ». Enfin, « le développement à l’international et les échanges entre étudiants et chercheurs » sont aussi des éléments à prendre en considération.

Clarification

Mme Retailleau est revenue sur les réformes en cours des études de santé.
Concernant la R1C, il n’y aura « pas de réforme de la réforme ». Néanmoins il reste plusieurs points d’amélioration et de clarification dont :

Les places non pourvues en pharmacie et maïeutique,
La place et l’importance de l’oral à l’admission,
L’enjeu de diversification sociale et de diversification des profils

Concernant la R2C et la R3C, la 4ème année de consolidation de médecine générale (Docteur junior) sera incitative et non coercitive. Sera encouragée l’orientation dans les territoires les moins pourvus en médecins généralistes. Cette année supplémentaire permettra d’accompagner les futurs médecins à leur installation rapide. Cette réforme pourrait entrer en vigueur à la rentrée universitaire 2023 a précisé la ministre.

Interdisciplinarité

Quant à un autre défi majeur, l’intégration universitaire des formations non médicales, la ministre s’est dit consciente de la nécessité de former aux nouveaux métiers de la santé sur fond d’Intelligence Artificielle, de deep learning, de robotique etc…. Il est important d’avoir des facultés de médecine évoluant dans une forte interdisciplinarité.
Ces réformes ne pourront avoir lieu « sans une amélioration du bien-être des étudiants ». Cela passe par la lutte contre la précarité étudiante et le renforcement de l’expérience de la vie étudiante.


* EGFRM 29 et 30 septembre 2022 à l’Université Paris-Cité : Ouverture le Jeudi 29 Septembre, en présence de Sylvie Retailleau, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, François Braun, Ministre de la Santé et de la prévention, Christine Clerici, Présidente de l’Université Paris-Cité, Didier Samuel, Président de la Conférence des doyens d’Université de Médecine, Benoit Veber, Vice-président de la Conférence des doyens d’Université de Médecine, Philippe Ruzniewski, Doyen de l’UFR de Médecine de l’Université Paris-Cité.

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