Conférence de presse du 1er avril 2025
Isabelle Laffont, doyenne de la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes et Marc Humbert, Vice Président et doyen de la faculté de médecine de Paris Saclay ont présenté les axes principaux de leur action à venir à la tête de la Conférence des doyennes et doyens de médecine.
Ils ont, en premier lieu, souligné l’importance qu’ils accordent à l’enseignement et à la recherche en médecine comme des leviers majeurs de transformation du système de santé.
La Pr Isabelle Laffont pense « que les facultés de médecine ont une responsabilité sociale et sociétale significative, ainsi qu’une responsabilité territoriale ».
Dans les axes de leurs engagements, la nouvelle présidente souhaite promouvoir le bien-être étudiant, un sujet qui sera central dans son mandat.
À propos des mouvements actuels concernant une remise en cause des principes fondamentaux de la recherche, Marc Humbert et Isabelle Laffont soutiennent une recherche ouverte, incluant les échanges d’étudiants (ERASMUS) ainsi que le soutien aux chercheurs étrangers, confrontés à des difficultés dans certains pays comme actuellement aux États-Unis. La CDD soutient, à ce titre, le mouvement international « Stand up for Science »
Un programme en six points :
- Le premier point concerne la recherche biomédicale en France qui est essentielle pour les facultés de médecine. La conférence des doyens est engagée dans plusieurs instances nationales afin de promouvoir les politiques liées à la recherche et à l’innovation médicale
- Le deuxième point aborde le modèle hospitalo-universitaire français qui lie étroitement les universités et les CHU. Cette collaboration est essentielle pour maintenir l’excellence du système médical français
- Le troisième sujet porte sur les réformes pédagogiques nécessaires dans les cursus médicaux afin d’améliorer ce qui a déjà été mis en place. « Nous devons évoluer tout en préservant ce qui fonctionne bien actuellement », précise la nouvelle présidente
- Le quatrième point évoque la territorialisation des formations en santé où il est essentiel que les facultés restent ancrées dans un environnement universitaire solide, tout en formant efficacement les étudiants sur le terrain grâce à des stages pratiques adaptés aux réalités locales
- La CDD soutient le sujet du développement professionnel continu pour les paramédicaux afin qu’ils puissent améliorer leurs compétences par une formation universitaire adaptée aux besoins actuels toujours changeants du système sanitaire national.
- Enfin, il est impératif de prendre soin des étudiants face aux situations précaires qu’ils rencontrent souvent durant leur formation médicale ainsi qu’aux risques psychosociaux accrus liés aux violences sexistes ou sexuelles présentes dans certaines institutions universitaires.
Engagement et responsabilité
Sur un plan international, Marc Humbert précise : « nous sommes confrontés actuellement au défi du respect des faits scientifiques face aux contestations croissantes que subissent certains chercheurs notamment aux États-Unis où beaucoup sont licenciés sous pression politique. Nous devons défendre fermement notre engagement envers une science rigoureuse tout en restant ouverts au dialogue avec nos homologues internationaux comme ceux venus récemment d’Ukraine cherchant conseil sur notre modèle éducatif ».
Concernant le récent projet de loi porté par le député Garot, les Doyens, qui ne soutiennent pas une démarche d’obligation d’installation, proposent le mécanisme des assistants territoriaux.
En effet, des décisions de régulation d’installation peuvent limiter l’accès à certaines disciplines spécifiques ou inciter les jeunes vers une installation hors des frontières nationales.
Les points marquants sont pour les deux responsables : « le maintien de la qualité de formation dans le cadre des réformes qui sont proposées et d’éviter une réforme complète du système de santé. Car le système universitaire actuel n’est pas capable d’absorber une nouvelle réforme ».
Pour une évolution progressive du modèle actuel
Les doyens privilégient « une marche en avant » et pas de redoublement en première année, car il s’agit de permettre à l’étudiant de progresser, en instaurant plus de passerelles entre les formations.
Ils demandent plus de moyens pour les universités, dans le cadre du respect de l’autonomie, de chaque institution universitaire.
Concernant les ECOS qui est un examen oral de fin de sixième année pour l’accès au troisième cycle, les deux responsables souhaitent sécuriser l’organisation de ces examens pour le deuxième exercice.
Des fragilités ont été identifiés et il est très complexe de faire passer 10 000 étudiants en même temps sur les mêmes épreuves sur toutes les facultés, incluant les facultés des départements d’outre-mer.
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